Case study.

Au cours des 20 dernières années, on n’a cessé de compacter et réunir les objets pour n’en faire qu’un par soucis de commodité. Ce qui fait qu’aujourd’hui on jette l’ordinateur, la calculatrice, le gps, le lecteur mp3, le téléphone, le réveil, etc. parce que l’appareil photo ne fonctionne plus. La solution serait peut-être de trouver un juste milieu entre la fusion et l'autonomie.

Un ordinateur datant des années 70.

Le concept.

En janvier 2013, Dave Hakkens crée le Phoneblocks, un concept de smartphone modulaire sensé être durable et réduire les déchets électroniques.

La même année, Google annonce le projet Ara, basé sur l’idée de Dave Hakkens. Au départ, le lancement est prévu pour janvier 2015 mais le projet prend du retard et est finalement abandonné.

Le smartphone modulaire, en plus d’être respectueux de l’environnement, promettait d’être entièrement configurable et bon marché. Avec ses composants modulables, le temps des réparations onéreuses était révolu. Mais la perspective de garder le même smartphone plusieurs années effraie le consommateur et le projet ne séduit plus. L’appel de la dernière fonctionnalité et de l’écran infini est trop fort. La promesse d’un smartphone conçu pour durer, peu cher et entièrement configurable par l’utilisateur reste difficile à croire dans notre modèle économique.

Sashiko est une satire, un throwback nostalgique et l’idée utopique d’un smartphone modulable qui s’adapte à toutes les époques.

La marque.

Sashiko

Le sashiko est une méthode japonaise de broderie, c’est un patchwork japonais en quelques sortes. Je voulais un nom qui rappelle l’assemblage et qui sonne asiatique pour faire plus réaliste.

Exemple d'un sashiko.

Exemple d'un Sashiko.

Les couleurs

J’ai gardé 4 couleurs de base : le rouge, le vert, le bleu et le jaune.

Il fallait donner une impression de simplicité à la marque, il est simple d’assembler l’ADM.

Du rouge, du vert, du bleu et du jaune.

Du rouge, du vert, du bleu et du jaune.

La police

Pour les titres, je voulais une police de caractère qui fasse penser aux marques d’électronique intemporelles comme Panasonic ou Philips. Donc une police simple, radicale et, de préférence, une serif. La sans-serif a un côté occidental. J’ai donc gardé la Bookmania de Mark Simonson. Elle a une chasse assez large qui lui donne un aspect un peu rétro.

Enfin, j’ai gardé la Cairo pour le corps. Une fonte très carrée et des formes qui font penser aux caractères coréens.

La Bookmania par Mark Simonson.

La Bookmania par Mark Simonson.

Le logo

Toujours dans un esprit de simplicité, je commence à assembler quatre carrés respectivement rouge, jaune, vert et bleu qui forment un plus grand carré donc le logo de Windows… Ça ne va pas du tout. J’effectue une rotation de 45°, beaucoup mieux.

Pour amener l’idée de modularité, j’entaille un côté de chaque carré chacun tourné vers le carré suivant dans un sens horlogique. Une entaille correspond à un douzième de carré.

Mais c’est trop simple, la connectique ne fonctionne pas puisque les carrés ne peuvent pas s’emboîter. Je me résous alors à entailler les autres côtés.

Maintenant le logo est simple, c’est bien, mais pas assez kitsch. J’ajoute donc un effet 3d et la magie opère.

La première version du logo.

la Première version du logo.

L'inspiration

Pour mes modules, j’ai repris une série d’objets rétros et je me suis rendu compte que, malgré moi, tous les objets que je retenais appartenaient soit à Braun, soit à Sony. Chez Braun, je reprenais systématiquement des objets à l’influence Bauhaus marquée et presque tous en lien avec Dieter Rams (Designer industriel allemand, célèbre pour les produits mémorables qu’il a conçu pour Braun dans les années 50). J’ai retrouvé chez les deux marques un design étonnement avant-gardiste. J’étais aussi surprise de constater la forte inspiration d’Apple dans les produits Braun.

Mon inspiration allait donc osciller entre le design industriel japonais et le Bauhaus.

À gauche, le Tonarmwaage de Braun. À droite, le Watchman de Sony.

À gauche, le Tonarmwaage de Braun. À droite, le Watchman de Sony.

Le site.

Le contenu et le voice and tone

En général, j’ai repris la formulation d’Apple pour sa présentation du Macintosh et du premier iPhone. Pour ce qui est des descriptions techniques, je me suis inspirée des publicités d'époque de chaque modules. Ce qui donne lieu à une présentation un peu absurde du produit puisqu’elle vante des qualités dépassées sur un ton très assuré.

Publicité d’Apple pour le Macintosh Life, en 1990.

Publicité d’Apple pour le Macintosh Life, en 1990.

La structure

Le site est construit sur base d’une grille et les éléments se déplacent d’une zone à une autre. C’est un travail ingrat, ça n’a l’air de rien mais ça demande beaucoup de petites manipulations en javascript.